Cette expression « ceindre le navire » tirée du livre des Actes (Actes 27:17) relate un moment ultra-sensible de la vie de Paul qui était en direction de Rome. Dieu lui avait fait la promesse qu’un jour il irait devant César à Rome, non seulement pour défendre sa cause mais aussi pour rendre témoignage de sa foi en Dieu et en Jésus son Fils (Actes 23:11). Ce que l’on peut noter sans peine, c’est que le fait d’être bien orienté dans la volonté de Dieu ne nous épargnera jamais les tempêtes de la vie.

Ce récit inspiré et inspirant de l’Ecriture nous encourage tout d’abord dans les tempêtes de la vie à ceindre « le navire de notre coeur » et « de notre entendement » (1 Pierre 1:13). N’avons-nous pas bien des fois été chahutés au point d’être sur le point de chavirer intérieurement ou au mieux de nous laisser dériver dans les eaux du découragement ?

Par la grâce de Dieu, nous avons toujours le choix et la possibilité de ceindre les reins de notre entendement et de maitriser nos pensées. Ne nous laissons pas abattre lorsque l’orage des mauvaises nouvelles et de l’épreuve gronde. Souvenons-nous par exemple de Jérémie le prophète et de la manière dont il a su réagir, dans la foi, au beau milieu de l’océan de ses lamentations (Lamentations 3:19 à 22). La Bible relate également comment, du sein de son humiliation et de sa maladie psychologique, Nebucadnetsar, le roi de Babylone, a su se tourner vers Dieu et lever les yeux vers Lui pour retrouver ainsi le bon sens, la raison et son royaume (Daniel 4:34 et 36).

Ceindre le navire pourrait également nous amener, en tant que membres de l’église, à considérer l’importance de rester soudés et unis dans la tempête. Il n’est jamais facile de conduire à bon port beaucoup de personnes en même temps. Pourtant c’est le premier rôle de tout responsable spirituel : amener les gens quelque part et jamais nulle part. Certes les sensibilités, les besoins et les visions peuvent diverger mais il est nécessaire de prendre conscience que l’important c’est d’être assuré de la bonne Présence de Dieu qui garantit le voyage de l’église. Qu’importe la forme et la manière, le navire au final sera détruit mais les âmes touchées par l’Evangile seront sauvées (Actes 27:44). Tous les bâtiments passeront mais l’oeuvre de Dieu et les âmes qui auront expérimenté le salut demeureront. Au sein de la tempête, Paul a dû faire face à diverses réactions de la part de l’équipage : dans l’épreuve, il y aura toujours autour de nous des personnes qui sont prêtes à quitter le navire dès que ça devient difficile (Actes 27:30), d’autres encore à se détruire les unes les autres (Actes 27:42) ou d’autres enfin à se laisser abattre et perdre toute espérance d’être sauvées (Actes 27:20). Mais comme Paul, sachons faire confiance à Dieu afin qu’il accomplisse sa promesse de salut pour tous.

Ceignons donc le navire de notre coeur et de notre église et continuons à voguer au sein de la volonté de notre Dieu pour rendre témoignage de notre foi.

Pasteur Yvan CASSAR

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