[Psaumes 61:3]

Au moment où David fait monter cette prière vers Dieu, il est dans une très mauvaise posture. Il souffre de la faim, de la fatigue et de la soif. Il est dans le désert de la solitude et fuit, comme un fugitif, son propre enfant. En effet son fils Absalom vient tout juste d’usurper le trône. De plus il fut maudit et méprisé par Shiméï, un homme de la maison de Saül. David restera affable et bienveillant, sachant que tout est sous le contrôle de Dieu. Nous savons que rien n’arrive sans la permission de Dieu. Mais l’esprit de David est abattu et languissant. Il aspire à trouver paix et délivrance en Dieu, le rocher de son salut. David a besoin que Dieu le prenne par la main et le fortifie dans son âme. Il aspire à être conduit sur le rocher qu’il ne peut atteindre par lui-même. Il sent toute son incapacité et ses limites. Le rocher possède des propriétés qui peuvent grandement le bénir et il souhaite goûter aux bienfaits de Dieu.

Le rocher donne de l’eau (Exode 17:6). L’eau, en particulier dans le désert, c’est la vie. Rappelons-nous de ce moment où les Hébreux dans le désert ont été abreuvés par le rocher. Désenchantés, ils vont se tourner vers Moïse pour qu’il fasse quelque chose pour eux. Dieu va lui ordonner de frapper le rocher pour que les eaux de la vie coulent. Nous savons que ce rocher était Christ. La loi (Moïse) ordonne le châtiment. Or Jésus a pris notre condamnation, celle que méritaient nos péchés. Lors d’un autre épisode, le peuple à nouveau se plaindra d’avoir soif et Dieu demandera à Moïse de parler et non de frapper le rocher pour que l’eau jaillisse. Seulement, épris de colère, il le frappera au lieu de lui parler et Dieu sanctionnera Moïse (Nombres 20:11). Nous ne devons plus faire des sacrifices pour recevoir la grâce de Dieu car Christ est mort une fois pour toutes. Chercher à mériter les bénédictions de Dieu consiste à frapper une deuxième fois le rocher. Christ a subi notre condamnation, il nous appartient de le croire et de vivre de sa miséricorde. Nul besoin de se faire du mal. Paul disait : « j’ai obtenu miséricorde » (1 Timothée 1:13) ! Nous aussi, à partir du moment où nous avons cru en Jésus notre rédempteur. Abreuvons-nous librement au torrent de son pardon et de son amour sans restriction.

Le rocher donne du miel (Psaumes 81:16). Le miel est symbole de douceur. Au milieu de l’âpreté de la vie, la douceur est un bonbon pour l’âme. Notre âme est parfois au contact de beaucoup de violence et de dureté. Le monde peut avoir de beaux aspects mais aussi de très désagréables. Les Hommes peuvent se montrer d’une cruauté ineffable envers leurs semblables. Ils sont parfois impitoyables lorsqu’ils se montrent sous leur mauvais jour. David en a souvent subi les conséquences. Saül, pendant des années, a voulu se débarrasser de lui et, ici, son propre fils a voulu sa perte. Le monde, avec sa haine et son arrogance, peut tomber bien bas. C’est la raison pour laquelle un peu de miel peut faire du bien à celui qui a de l’amertume dans l’âme. De plus le miel possède la propriété de donner de la clarté à nos yeux. Lorsque Jonathan en goûta un peu, l’Ecriture nous dit que ses yeux furent éclaircis (1 Samuel 14:27). Le miel de la Parole de Dieu donne de la lumière à notre intelligence. La Parole de Dieu est une source de lumière intarissable. Elle est en mesure de nous éclairer pour savoir comment gérer tous les aspects de notre vie. Elle est pleine de conseils de sagesse pour nous aider à nous diriger. Ceux qui suivent ses instructions ont de grandes chances de réussir leur existence ici-bas.

Le rocher donne de l’huile (Deutéronome 32:13b). L’huile est le symbole du Saint-Esprit. Nous avons besoin d’être conduits sur le rocher de sa Présence. Le Saint-Esprit est notre meilleur ami. Il est un guide, un conseiller, une aide et une source inépuisable de réconfort. Lorsqu’il applique en nous ses soins, il ne le fait pas de manière superficielle. Au contraire, il va en profondeur jusqu’à la racine de nos maux pour nous en délivrer. Jésus, tel le bon samaritain, vient à nous lorsque nous avons été roués de coups par la vie, avec l’huile de son Esprit. Elle fait partie de la trousse à « pharmacie » divine. Lorsque nous sommes blessés, le Saint-Esprit prend le temps de nous consoler. Il est aussi appelé le Consolateur. Que de larmes versées dans ce monde… Le Seigneur n’est pas indifférent à nos chagrins et à nos souffrances. Il voit et entend la voix de nos larmes, il les recueille dans son outre (Psaumes 56:8). Après la pâque et les herbes amères, viennent la fête de la Pentecôte et le baptême du Saint Esprit. Après les larmes de la déception vient toujours la joie de l’accomplissement des promesses de Dieu. Le Saint-Esprit, tel un vent puissant de consolation, veut nous conduire sur le rocher de l’amour inébranlable de Dieu. Faisons confiance au Seigneur et il nous mènera vers une vie toujours meilleure.

Pasteur Yvan Cassar