[1 Timothée 4:8]

Cette exhortation de Paul à Timothée est aussi un encouragement à faire ce qui est utile et salutaire. Il y a des choses ici-bas qui ont une utilité négligeable mais d’autres qui sont capitales. L’exercice corporel est utile pour être en bonne santé mais l’exercice de la piété l’est bien plus encore : elle contient la promesse de la vie éternelle. L’exercice de la piété, comme l’exercice physique, nécessite une discipline personnelle et certains efforts. Vivre une vie de piété, c’est sans doute nager à contre-courant de ce monde. Tous ceux qui voudront vivre pieusement seront persécutés, nous dit l’Ecriture (2 Timothée 3:12). Je pense que le message est clair ! Il y a un prix à payer si nous voulons plaire à Dieu, en vivant une vie de piété, et non aux Hommes.

La prière personnelle et collective est une émanation de notre piété (Actes 10:2). Les Hommes pieux aiment passer du temps dans la prière. La prière est non seulement une pratique et une discipline personnelle mais avant tout, c’est le moment délicieux d’une rencontre quotidienne avec le Père céleste. Quel délice de prendre chaque jour un temps pour communier avec Dieu ! Ce sont des temps qui amènent le ciel dans nos coeurs. Pour prier, nous pouvons nous retrouver seuls ou en petit groupe, ce qui est possible aujourd’hui par les réseaux sociaux. Ces temps sont toujours des moments privilégiés qui favorisent le bien-être de notre âme mais aussi la bénédiction de notre entourage. Dans la prière, nous pouvons devenir des instruments entre les mains de Dieu pour libérer des situations. Lorsque nous prions comme Moïse, nous permettons à Dieu d’agir. En effet lorsque Moïse levait les mains, le peuple était vainqueur mais, lorsqu’il les baissait, le peuple était vaincu. Il y a toujours une corrélation entre le visible et l’invisible. Nos victoires dans l’invisible et la prière se manifestent à l’extérieur. De même nos relâchements dans le secret auront aussi un impact dans le monde visible. Ayant compris ce principe fort de la prière, il est important de privilégier, dans nos vies et nos agendas, l’exercice de la prière. Nous ne regretterons jamais de laisser davantage de place à nos temps de prière, seuls ou en groupe, avec le Seigneur.

La méditation et la lecture de la Parole de Dieu sont aussi une émanation d’une vie de piété (Psaumes 1). Cet exercice de piété est aussi important que celui de la prière. De même que l’aile droite d’un oiseau est aussi importante que l’aile gauche s’il souhaite pouvoir s’envoler, la Parole est aussi importante que la prière si nous souhaitons prendre de la hauteur spirituellement. La Parole de Dieu a un pouvoir extrêmement puissant pour révéler ce que nous sommes mais aussi pour nous nettoyer moralement et spirituellement. Elle est, dans l’Ancien Testament, symbolisée au travers de la cuve d’airain. En effet le sacrificateur, avant d’entrer dans la présence de Dieu, devait s’approcher de la cuve d’airain (faite avec les miroirs des femmes) qui reflétait l’image du sacrificateur et qui contenait de l’eau pour qu’il puisse procéder aux ablutions et se laver. Le Roi en Israël devait lire la Parole chaque jour pour régner convenablement et chaque croyant était invité à la méditer constamment pour réussir sa vie. La Parole est vivante. Elle n’est pas un livre mort qui contient des histoires pour enchanter les enfants et informer les historiens. Elle est le pain de l’âme qui fortifie les coeurs humbles. Elle est aussi la source de notre espérance et de notre consolation dans les moments de souffrance. C’est également le son prophétique de la trompette qui nous avertit lorsque nous sommes sur de mauvaises voies… Puissions-nous nous exercer à sa lecture quotidiennement.

Faire du bien autour de nous est sans doute la voie royale de l’exercice de notre piété (1 corinthiens 12:31). Notre piété devrait toujours se traduire par des actes d’humanité forts. Prier et lire la Bible ne suffisent pas. Il nous faut aller dans ce monde, partager l’amour de Christ. Il ne faudrait pas que nous restions enfermés dans nos « tours d’ivoire » spirituelles sans jamais apporter « l’eau et le pain » de l’Evangile à ceux qui en ont besoin. Les âmes qui ne connaissent pas Jésus ont besoin de voir une église remplie de l’amour de Dieu en parole (celle de l’Evangile) et en action. Nos actes devraient toujours parler plus forts que nos paroles. Nous ne devrions jamais juger notre prochain, même celui qui se retrouve dans les difficultés à cause de ses mauvais choix. Jésus n’est pas venu pour juger et nous non plus. Ce n’est pas important de savoir pourquoi les gens sont devenus esclaves du mal. Notre rôle consiste à délier les âmes de leurs liens, par la puissance du Saint-Esprit et de la Parole de Dieu. Soyons sensibles aux besoins des gens qui nous le demandent et allons vers eux avec la force que nous avons. Nous serons en plein dans notre appel en aidant les âmes que le Seigneur mettra sur notre chemin chaque jour. Le blessé au bord du chemin a été sauvé par la compassion du bon samaritain en action et non par la religion du scribe et du lévite…

Pasteur Yvan Cassar